Retour en 2022. Après dix ans d’expérience dans le domaine du graphisme, je me suis orienté vers une approche de la création plus basée sur la pédagogie et la transmission que sur la production. Mes trois ans et demi d’expérience de formateur PAO Audiovisuel dans un organisme de formation, de mi-2022 à début 2026, ont été une façon me réinventer dans ma vie professionnelle.
Cet article est l’occasion pour moi de pleinement tourner la page de cette expérience de formateur à temps plein et d’en tirer les conclusions. Je ne cache pas mon égoïsme : j’écris surtout ce retour d’expérience pour moi et y revenir les prochains mois et prochaines années au cas où je perdrais ma boussole. Cependant, ça peut vous intéresser si vous envisagez vous former dans un domaine créatif tel que le graphisme, si vous voulez quelques conseils sur votre apprentissage ou si vous vous questionnez sur le métier de formateur.ice.
Retour au bureau
Revenir au salariat après quatre ans de freelance et une pandémie était bienvenu : c’était une époque dans ma vie où la solitude se faisait pensante et j’avais besoin de routine, de stabilité et de vision à plus long terme. Débarquer dans une entreprise avec des habitudes très établies, où les collègues sont éparpillés aux six coins de l’hexagone et où ça parle beaucoup en acronymes fait qu’il m’a fallu un temps pour prendre ses repères. Mais ma chance a été de suivre une Préparation Opérationnelle à l’Emploi en amont de mon intégration. Ça m’a permis de voir à l’œuvre les formations que j’allais donner, tirer le bon -et le moins bon- des approches pédagogiques de chaque formateur.ice et de bénéficier d’une formation de formateur pour adultes.
Passer sur un plus grosse structure c’est aussi ressentir de la frustration : voir les éléments perfectibles mais ne pas avoir d’emprise dessus car ce n’est pas à notre portée. Heureusement, j’étais bien accompagné : être entouré de collègues qu’on apprécie et avec qui on sait qu’on peut s’entraider pour combler nos lacunes techniques, ou pour avoir une plus large connaissance du parcours des apprenant.e.s a changé la donne.

Prendre le rythme
Une fois installé, je suis passé du rôle de créateur d’images à celui du prof.
Je le confesse : j’aurais pu superposer les deux casquettes mais j’ai vite vu mes limites et préféré privilégier d’autres aspects dans ma vie. Malgré le fait que je sois sociable, je suis assez introverti. Par conséquent, enchaîner les semaines où ça performe trente-cinq heures de formation m’a donc fait découvrir une nouvelle forme de fatigue, celle où le concept de batterie sociale prend tout son sens. Heureusement, hormis les congés, quelques respirations sont données de temps en temps, pour réaliser des projets internes ou pour préparer une nouvelle thématique de formation. C’est un avantage considérable quand on est formateur salarié. Ce temps de préparation est un luxe qui est rarement accordé aux intervenants en école et c’est un atout majeur pour arriver dans les meilleures conditions et assurer dès la première session de formation.

En passant côté prof, les semaines de formations s’enchaînent et le temps semble se figer. Côté pile, à force de répétition et de veille sur les logiciels, on connait de mieux en mieux les outils sur lesquels on forme. Côté face, la réalité des projets et de la production s’éloigne petit à petit. Ou du moins : on en a conscience que par procuration, avec les difficultés auxquelles sont exposés les stagiaires.
C’est d’ailleurs une partie assez riche d’enseignement dans le métier : on est exposé à plein de profils, qui travaillent dans des structures avec des rythmes, contraintes et demandes différentes. Une expérience assez stimulante d’une session à l’autre car, sans vivre de nouveau le déroulé d’un projet dans ma chair, j’ai quand même pu me confronter aux difficultés rencontrées par les apprenant.e.s et tenter de trouver des solutions sur-mesure pour optimiser leur approche des outils. Bon, c’était aussi plus funky : s’autoriser une approche plus personnalisée quand le temps le permettait donnait un peu de variété d’une session à l’autre.
Faire des rencontres
Avoir un temps d’échange avec les stagiaires, c’est aussi l’occasion de prendre le pouls sur l’évolution des métiers créatifs en entreprise. Mon expérience a été plutôt courte et pourtant j’ai eu l’impression de voir les métiers de création d’image se transformer au fil de ces trois ans et demi :
- Les postes de chargé.e.s de communication se réduisent au minimum pour avoir désormais un seul couteau suisse qui fait le travail d’au moins 3 ou 4 corps de métiers différents (rédaction, réseaux sociaux, événementiel, graphisme, montage vidéo etc.).
- Le métier de graphiste s’envisage de moins en moins dans un projet de reconversion. Le graphisme et l’audiovisuel deviennent de plus en plus des compétences supplémentaires à un métier ou un projet entrepreneurial.
- Pas de crise pour la création de contenu vidéo. Pour mon plus grand plaisir, de plus en plus de personnes s’intéressent au motion design et à After Effects. Là où des logiciels comme Photoshop et Premiere Pro sont tellement plus accessibles que l’on peut apprendre sur le tas, After Effects reste abrupt et quelques jours de formation sont bienvenus pour en apprendre les bases.
- Et bien sûr, l’arrivée de l’intelligence artificielle qui rebat les cartes jour après jour. Tant sur le recrutement (devrais-je dire : le non-recrutement) de nouveaux postes que sur la façon d’apprendre un logiciel.
Le Jerry Seinfeld de la formation
Comment avoir le bon ✨mindset✨ en tant que formateur ? Que faire d’un stagiaire insatisfait ? Comment ne pas se lasser des sessions qui se répètent ? Comment surmonter un échec quand on ne parvient pas à expliquer durant une session ? D’une session où le programme n’a pas eu le temps d’être exploré en entier ?
Chacun y va de sa méthode. Pour ma part, j’ai trouvé mon Salut en m’inspirant de mon expérience à Topito : ça parlait beaucoup des comiques et j’ai vu Urbain faire ses gammes. Ça a été une inspiration pour moi : je vois chaque session de formation comme un spectacle de stand-up. Sauf que mon but n’est pas de faire rire, mais de faire comprendre des trucs.
- Comme quelqu’un qui fait du stand-up, je fais évoluer ma formation : la première session sera correcte mais perfectible. Proche d’un rodage, la démarche est d’identifier là où ça coince et de trouver comment l’améliorer pour les sessions suivantes.
- Comme une bonne blague, je dois savoir raconter une histoire pour que mon atelier ai la narration la plus efficace et logique.
- A défaut de timing comique, j’ai un rythme à gérer pour que les notions assimilées s’enchainent.
- Parfois, je ne trouve pas mon public. Et là aussi, tel un briscard du stand-up, je relativise : même si je peux en récupérer certains, c’est parfois impossible et il faut l’accepter. Les gens ont leurs raisons : ils se rendent compte que la formation n’était pas faite pour eux, ils ont des problèmes personnels qui les empêchent de se concentrer pleinement ou bien, à tort ou à raison, ils ont décidé que ma gueule ne leur revenait pas. Ces « bides de formation« , j’ai pu en faire un cas de conscience au début, maintenant, je sais que je fais au mieux et pour le reste, j’accepte que c’est indépendant de ma volonté. Après tout, Jerry Seinfeld ne va pas interrompre son spectacle parce qu’il y a un type qui boude dans sa salle. Show must go on pour le reste de la salle qui a payé sa place.

Bienvenue au CFA
En plus de la partie formation modulaire (les apprenant.e.s viennent en formation via leur entreprise ou leur CPF), une partie CFA est aussi présente. On y retrouve dans la plupart des cas de jeunes personnes, entre 18 et 25 ans, voire un peu plus, qui s’intéressent de près ou de loin aux métiers de la création. La formation est un Titre Professionnel (que je renomerais par la suite Titre Pro ou TP) et dure au moins un an avec le rythme suivant : deux semaines en entreprise, une semaine en formation. En bref : c’est une alternance. La partie CFA me concernait car j’y donnais beaucoup de formations aux deux parcours d’alternances suivant : le Titre Professionnel Monteur Audiovisuel et le Titre Professionnel Concepteur Designer UI.

Ce qui déroute en tant que formateur, c’est à quel point les profils d’apprenant.e.s en alternance tranchent avec ceux des formations modulaires :
- D’un côté, un public qui a des attentes concrètes dans leur vie pro pour être à l’aise avec un logiciel.
- De l’autre, un public étudiant qui n’a -pour la plupart- pas travaillé dans un milieu créatif.
Avant de leur montrer comment fonctionne un logiciel, il fallait donc expliquer pourquoi c’est important de l’apprendre, ou pourquoi utiliser telle méthode plutôt qu’une autre. Ajoutez à ça des sessions davantage remplies, données à distance comme au temps du covid, avec un public hétérogène plus ou moins motivé qui se désengage petit à petit, vous obtenez un bref aperçu de formations qui sont plutôt inconfortables. Malgré mes remises en question pour adapter et adapter mon cours, j’avais souvent l’impression de parler à un mur.

(tous les micros et caméras des élèves sont coupées)
Heureusement, certains élèves relèvent la barre et ma satisfaction était de les voir progresser le long d’une année.
Alors, le Titre Professionnel : hyper chanmax ou super guez ? 🤙
Le Titre Pro me laisse un peu amer :
- Sur le papier, c’est un dispositif formidable, qui permet à plein de jeunes adultes de s’émanciper financièrement, d’apprendre un métier créatif sans s’endetter et découvrir concrètement le quotidien d’un métier. Si ça existait à mon époque, je m’y serais sûrement intéressé.
- Hélas le réel est différent : il y a plus d’élèves qui veulent apprendre les métiers créatifs qu’il n’y a de postes en alternance. Certes, trouver sa place dans un CFA relève de la formalité, mais trouver une entreprise recrutant des alternants en web ou en audiovisuel relève de l’exploit tant les places sont chères (même si ce n’est pas impossible). L’astuce pour un organisme de formation est donc de recruter en interne et créer ses propres postes d’alternants. Chercher un poste créatif sur un site de recherche d’emplois le démontre, beaucoup sont des alternances proposées par moult organismes de formation. Le hic : les organismes de formations les ne sont pas tous structurés pour proposer des missions intéressantes et adaptées aux alternants. Donc quand une alternance dans une filière créative se transforme en bullshit job (comptant souvent comme un premier aperçu du ✨monde de l’entreprise✨) comment ne pas finir démoralisé ?

Dans mon expérience, le Titre Pro s’est construit sur la base de la formation modulaire, à savoir : une semaine de formation vaut une semaine d’apprentissage sur un logiciel.
Par exemple : on apprend à fond Photoshop sur une semaine, puis dans trois semaines on se retrouve pour apprendre à fond Illustrator et rebelote.
C’est beaucoup plus simple pour l’organisation de plannings et plus pratique pour l’équipe pédagogique qui dispense à peu près le même contenu de formation. Mais c’est aussi un peu absurde : si l’alternance commence en janvier et que vous apprenez à utiliser un logiciel de montage à partir de mars, qu’allez-vous faire en entreprise entre janvier et mars si vous avez été recruté pour faire du contenu vidéo ? Ça fait aussi des élèves-éponges : ils apprennent à fond un logiciel du lundi au vendredi, sans prendre de notes (tss…), ni retoucher au logiciel pendant six mois (😡), et à l’approche de l’examen final ils ont tout oublié. L’idée serait d’avoir des cours plus diffus, de sorte à pouvoir revenir de temps en temps sur des exercices.
Une poignée de tips pour la jeunesse 🆒
J’en profite, si vous avez entre 18 et 25 ans et êtes intéressés par un Titre Professionnel en graphisme/Web/Audiovisuel, voici quelques conseils qui peuvent vous intéresser :
- Prenez des notes. Je sais que ce conseil est infantilisant mais étant donné que mes alternant.e.s étaient rares à le suivre et que ça leur a causé des soucis par la suite, je continuerais de hurler dans le désert : Prenez des notes ! Les personnes qui attendent depuis plusieurs mois que leur entreprise leur cède l’accès à une formation ne se privent pas. Mes recommandations :
- Préférez un classeur souple format A5, et des feuilles perforées au même format. Le A5 ça fait des pages pas trop denses à lire, un format facile à transporter et à garder à proximité de son bureau. Je préfère les feuilles au cahier : ça permet de ranger les cours selon les catégories, se faire des feuilles à côtés pour lister des astuces ou des raccourcis de façon non exhaustives.
- Pour celles et ceux qui ne jurent que par le numérique : Je trouve Notion très bien fait, je sais aussi que des applications dans la suite 365 de Microsoft et des logiciels natifs d’Apple font bien le job.
- Investissez dans un disque dur externe (accompagné d’une protection) pour stocker vos fichiers de travail. 500Go suffisent si vous faites principalement du graphisme et design web. Visez 4To si vous faites de l’audiovisuel. Pour une centaine d’euros vous pouvez être tranquille pour les années à venir.
- Enquêtez pour éclairer au mieux votre choix de cursus :
- Comparez entre les différents organismes de formation, écoles privées, etc. Leurs valeurs, contenu des cursus, qualité des locaux, relationnel. Les portes ouvertes et salons étudiants sont faits pour ça.
- Lisez attentivement les programmes de formations des différentes structures et voyez comment ils vont être dispensés sur l’année.
- Interrogez les personnes concernées : en big 2026, équipe pédagogique, anciens et nouveaux alternants sont faciles à trouver sur LinkedIn.
- Bâtissez votre propre culture : ça passe par exemple par de la veille et de la curation si vous voulez coder vos interfaces. Si c’est le montage qui vous botte, découvrez des films hors de votre zone de confort, des cinéastes, nourrissez-vous des différentes propositions que le Cinéma peut offrir, regardez des essais vidéo, passez les films à la moulinettes pour analyser son écriture, son montage, sa façon de construire les plans etc. En gros : Stay hungry, stay foolish.
- Voyez si on vous propose des avantages tels que :
- Un accompagnement pour trouver une alternance. C’est un énorme atout, avoir un regard extérieur plus averti permet d’avoir des bases solides sur le recrutement et éviter des erreurs sur sa candidature ou en entretien.
- La mise à disposition d’un ordinateur portable de travail pour la durée de votre alternance (et on évite d’installer Steam et Netflix si on veut rester crédible auprès de l’équipe pédagogique 😉).
- Un accès à un réseau professionnel, via des événements de rencontre entre alternants et pros, une structure qui a tissé année après année des relations avec des entreprises etc.
- La recherche d’alternance est un gros morceau, il ne faut pas hésiter à envoyer des candidatures spontanées et trouver le juste équilibre entre avoir une candidature pro tout en sachant se démarquer du lot.
- Obtenir le Titre Professionnel est à la portée de beaucoup de gens à condition de s’y investir un minimum. Mais gardez en tête que le TP est un moyen et non une fin. Votre objectif est de vivre correctement de ce que vous avez étudié. Et personne ne vous recrutera pour avoir fait le minimum. Mettez donc cette année d’études pour tirer le maximum de l’équipe de formation, complétez votre apprentissage de base avec des tutoriels glanés sur Youtube, faites des projets persos qui vont construire petit à petit votre portfolio/site/showreel. Vous en ressortirez grandis, plus confiants et avec une base qui va vous aider à vous vendre.
- Peut-être que vous découvrirez au cours de l’année que le TP dans lequel vous vous êtes engagés n’est pas à votre goût. Et c’est ok. D’autres opportunités se présenteront. Prenez tout ce que la formation vous offre : savoir coder un site web ou monter une vidéo sont des compétences annexes qui peuvent s’avérer utiles et faire la différence dans votre carrière.

Quelques astuces de formateur pour optimiser sa façon d’apprendre
J’ai beaucoup appris sur moi et sur ma façon d’apprendre et de digérer l’apprentissage. Si je devais faire court, mon conseil serait le suivant : mettez-vous à la place du prof.
Bon, je vais quand même un peu compléter.
J’étais par exemple réticent au fait de faire plusieurs fois les mêmes manipulations, je craignais d’agacer mon audience à marteler les mêmes choses. Mais finalement, en répétant les mêmes sessions de formation, je me suis aperçu en tant que formateur que c’était agréable de répéter les mêmes choses. Répéter encore et encore crée des automatismes, et quand on a plein de contenu à apprendre sur un temps court, c’est bienvenu de libérer de l’espace mental avec des gimmicks qui reviennent par réflexe.
Je renchéris d’une évidence : on assimile uniquement les choses que l’on comprend. J’avais des lacunes sur certains passages lors de mes formations, alors je me suis assuré de bien pouvoir les comprendre pour les expliquer. Si la notion était plus corsée, on divise ce gros bloc en plus petits blocs. J’avais aussi parfois besoin de slides ou d’exemples pour accompagner. Finalement, je découvre que j’adore réfléchir à comment transmettre une notion et que le faire aide à complètement l’intégrer. A partir de là, c’est comme le vélo. N’hésitez pas à parlez autour de vous de ce que vous apprenez, même à votre canard.
L’autre truc qui m’a aidé, c’est de m’ouvrir à d’autres thématiques de formations. Certaines de ces thématiques où j’étais néophyte sont complémentaires à celle que je connais bien.
Par exemple : apprendre la prise de vue m’a permis de consolider mon savoir en optique. Et ce savoir m’est utile pour être plus précis quand il faut simuler des effets de flou et de profondeur de champ dans After Effects. Ça m’a donné envie d’approfondir plein de trucs comme la 3D, le code, le JV etc.

Ce que cette expérience de formateur PAO audiovisuel m’a apporté
Pour faire bref et tirer les conclusions de ces années en tant que formateur je dirais que :
- J’ai découvert que j’aime beaucoup enseigner, partager et transmettre. Il semblerait que je sois bon dans ce domaine.
- Mon expérience de formateur nourri mon expérience de créateur d’images (et vice versa).
- C’est ma première expérience professionnelle entouré d’autant de graphistes. Avoir ces échanges m’a permis d’apprendre énormément de notions, techniques et méthodes de travail au détour d’une conversation.
- Être formateur PAO audiovisuel c’est aussi apprendre à évoluer : avoir un déroulé de cours qui change constamment selon la veille et les retours, chercher le meilleur moyen d’expliquer une notion et refaire plusieurs fois les même exercices m’a permis d’intégrer beaucoup d’automatismes et des notions qui étaient autrefois un peu magiques.
- Je n’ai pas l’entièreté du tableau mais je comprends mieux les rouages d’un organisme de formation, sa structure, les échanges qu’il peut avoir avec des services RH d’entreprise, France Travail, Qualiopi ou le milieu étudiant.
- Je me rend compte que je suis quand même plutôt fortiche en illustration et en motion design.
- Les métiers de création graphique arrivent à un niveau où la concurrence entre les candidats (et l’IA) n’est plus féroce mais absurde. N’envisagez pas cette filière pour une reconversion si vous n’êtes pas à fond.
- J’ai musclé mon jeu en m’initiant à d’autres disciplines comme la prise de vue, le self-control sur Microsoft Teams/Sharepoint et quelques notions d’IA. Prochaine étape : Blender ?
- La partie relationnelle est essentielle et j’estime avoir eu beaucoup de chance, tant au niveau de mes collègues que des stagiaires. Le ratio entre bonnes et mauvaises rencontres est clairement en ma faveur.
- Je trouve que l’époque est favorable à l’apprentissage. On pourrait voir le verre à moitié vide avec notre attention sans cesse sollicitée et l’État qui plafonne le CPF à 1500€. Pour la partie pleine du verre : discuter de ses erreurs spécifiques en cours d’apprentissage avec une IA conversationnelle comme Claude ou Perplexity sous la main. Avoir un ersatz de prof dispo à toute heure est parfois suffisant pour débloquer des situations et comprendre ses erreurs. J’y vois aussi un pas vers usage un peu plus vertueux de l’IA, au lieu de semer le chaos et du slop partout sur internet.
Et pour la suite ?
Je suis de plutôt bonne compagnie. Je sais m’adapter. J’ai une tête bien faite. Je sais à peu près cacher mes défauts dans un articles de blog. Je suis bon dans ce que je fais, mais le suis-je assez ? Face à un monde du travail qui utilise l’Intelligence Artificielle de façon médiocre à coups de slop et s’en accommode, je peine à trouver ma place.
Loin d’être exhaustif, voici quelques pistes pour écrire l’épilogue :
- Poursuivre la création visuelle au sens large et si possible trouver un équilibre entre formation et création.
- Revoir mon offre en tant que freelance. Ma plu-value n’est plus la variété de mon profil mais la singularité que je peux proposer en motion design et en illustration. Mes réserves : un style en illustration n’a jamais été aussi simple à copier, quant au motion, les IA génératives ont aussi débarqué, même si elles sont moins accessibles et clé en mains qu’un MidJourney ou un NaoBanana.
- Je me reconvertis, loin des écrans ? « Oh non, encore un menuisier en herbe » me direz-vous. Garder un aspect avec la création me plairait bien (quitte à ne pas partir de zéro) comme je peux le voir chez les peintres en lettre comme Sign En Décor ou les mosaïstes de Chifoumi.
Si vous avez des idées ou des opportunités professionnelles, je prends volontiers et on peut en discuter sur LinkedIn ! #OpenToWork


